Une reprise tuée dans l’œuf ?

Il y a quelques mois encore, nous pouvions espérer que le pire en termes des effets négatifs liés au dernier Coronavirus était derrière nous. Mes ces dernières semaines, la hausse du nombre de cas Covid-19 a poussé la majeure partie des pays européens à remettre le couvert et à décider de la mise en place de nouvelles mesures de confinement ou de semi-confinement. Dans les autres régions du monde, la situation ne semble pas aussi dramatique.
Alors que l’on commençait à voir quelques signes d’amélioration économique, que ce soit les données concernant la croissance des PIB durant le 3èmetrimestre ou des indicateurs avancés comme les Purchasing Manager Index (PMI), cette deuxième phase de contraintes économiques, dictées par la reprise des cas de Covid-19, crée le risque de tuer dans l’œuf le début de reprise constatée.Le mois écoulé a également été la dernière ligne droite précédant les élections américaines du 3 novembre 2020, craintes ou espérées selon le point de vue que l’on prend.
Dans ce contexte, les marchés actions occidentaux ont, dans leur ensemble, affiché un nouveau mois de baisse.

Exprimées en CHF, les actions américaines (S&P 500 Index) ont baissé de 3,12%, les actions européennes (MSCI Europe Net) de 6,09% et les actions suisses de 5,74%. Les marchés émergents (MSCI Emerging Markets Net) ont une nouvelle fois tiré leur épingle du jeu, avec une hausse de 1,59% (en CHF). Il est à relever que ces derniers ont principalement été tirés par la Chine qui a affiché à elle seule une hausse de 4,23% (MSCI China All Shares Net Total Return Index, en CHF).

Les actions mondiales, exprimées au travers de l’indice MSCI All Countries, ont ainsi terminé le mois avec une baisse de -2,87% (en CHF). Étonnamment, les traditionnelles valeurs refuges ont terminé en légère baisse. Exprimées en CHF, les obligations internationales (Indice FTSE Government Bond Index) ont corrigé de 0,42% et l’or (LBMA Gold Price) de 0,74%. Cette correction des valeurs refuges peut probablement s’expliquer en partie par la légère hausse du Dollar index (DXY), qui est encore monté de 0,16% après son rebond du mois précédent.

Entre autres éléments, l’évolution de la situation liée au Covid-19 et les conséquences, à définir, des résultats des élections américaines vont maintenir les incertitudes économiques et financières d’ici la fin de l’année. Les banquiers centraux, avec Jérôme Powell en tête, continueront néanmoins à appliquer le sparadrap monétaire sur la jambe de bois économique et devraient donc aider à soutenir les prix des actifs.