Forte hausse du dollar sur fond de resserrement monétaire américain



L’élément le plus remarqué sur ce mois d’avril a été la forte hausse du dollar face aux principales autres devises. En effet, le « dollar index » (un panier de devises composé de l’euro, du Yen, de la livre sterling, de la couronne suédoise et du franc suisse) est monté de 4,73% sur le seul mois d’avril, pour se situer à 102,96. Il s’agit de son meilleur mois depuis 2015. La hausse de cet indice est ainsi de 7,62% depuis le début de l’année 2022.

Cette hausse du dollar semble principalement due au fait que la Réserve fédérale américaine (FED) est une des rares grandes banques centrales à avoir clairement entamé un resserrement monétaire, débuté en mars 2022, avec une première hausse du taux directeur de 0,25% (pour se situer ainsi à 0,50%), couplé à un arrêt complet des achats d’actifs. Ce clair changement de politique intervient en grande partie en raison d’une hausse continue de l’inflation, qui a atteint 8,5% sur 12 mois, à fin avril. Il s’agit de son plus haut niveau depuis la fin des années 70.

Un élément intéressant avec ce resserrement monétaire est qu’il se fait alors même que l’économie américaine ralenti, voir est potentiellement déjà en récession. En effet, la première estimation du PIB américain sur le premier trimestre, publiée fin avril, a été de -1,4% annualisée. Si cette tendance venait à se confirmer sur le trimestre en cours, l’économie améri-caine serait alors officiellement en récession.

La FED va donc peut-être prochainement avoir à choisir entre une inflation élevée et une récession. Si elle poursuit un resserrement monétaire agressif, la récession sera inévitable, mais si finalement elle décide de tenter d’empêcher le ralentissement de l’économie, les taux d’inflation resteront élevés.

Dans ce contexte d’incertitude, durant le mois d’avril, aussi bien les actions que les obligations ont souffert. Les marchés actions ont ainsi baissé de 2,98% (Indice MSCI All Countires, en CHF) et les marchés obligataires ont également baissé, mais de manière un peu moins marquée, en concédant 0,72% (Indice FTSE World Government Bond, en CHF) sur le mois écoulé. Sans grande surprise, l’or est en revanche monté de 3,75% (LBMA Gold Price Index, en CHF). Les matières premières, principalement tirées une nouvelle fois par les cours de l’énergie, se sont appréciées de 16,53% (Rogers International Commodity Index TR, en CHF) sur ce seul mois d’avril.

Au-delà des tensions géopolitiques toujours en cours, suite notamment à l’intervention militaire russe en Ukraine, entrée dans son 3ème mois, les marchés financiers restent principalement impactés par les banques centrales. Les choix que ces dernières feront, dans les mois qui viennent, seront très intéressants, car aucune des décisions ne semble facile ni sans conséquence.