Le diagnostic du Dr. Copper !

Les traders nomment souvent le cuivre (copper en anglais), Dr. Copper, en référence au fait qu’il aurait un doctorat en économie. Ceci car très souvent il prédit les récessions, les reprises, l’inflation ou la déflation de manière bien plus fiable que la plupart des économistes. Il est donc parfois utile de porter attention à ses diagnostics.

Le cuivre est très versatile et indispensable au fonctionnement de l’économie moderne. Il est utilisé dans les réseaux électriques, l’automobile, l’électronique, la plomberie et a bien d’autres applications.

Si les cours baissent, cela peut indiquer soit une récession économique à venir, soit de la déflation, soit un mélange des deux. A contrario, si les cours du cuivre montent, cela peut indiquer soit une reprise économique à venir, soit une hausse de l’inflation, soit un mélange des deux. Au vu des récents mouvements de cours, il semblerait que c’est ce deuxième scénario que nous indique le Dr. Copper.

Sur le mois de février, exprimé en CHF, le cours du cuivre s’est apprécié de 17,65%. Si la tendance constatée depuis quelques mois se poursuit, les plus hauts historiques, atteints en 2011, devraient être dépassés cette année.

En réalité, ce n’est pas que le cuivre qui poursuit de manière agressive sa tendance haussière, puisque la majeure partie des autres matières premières sont également dans ce cas.

Exprimé en CHF, le Rogers Commodity Index, qui est un indice globalement diversifié sur les matières premières, est monté de 11,59% sur le mois de février, tiré en grande partie partie par le pétrole, en hausse de 29,83% sur la même période.

Aux États-Unis, le prix du bois, plus communément utilisé dans la construction qu’il ne l’est en Europe, a dépassé ses plus historiques.

Après leur quasi-stagnation, les marchés actions se sont également globalement repris durant le mois écoulé, avec une performance de 4,57% (en CHF) pour l’indice MSCI All Countries. Le marché des actions suisses est l’un des rares à connaître une légère contraction sur ce mois de février (-0,44% sur le SPI Index). Dans ce contexte, les valeurs considérées refuges se sont logiquement contractées, avec une baisse de 1,34% (en CHF) pour les obligations internationales et une baisse plus prononcée de 4,86% pour les cours de l’or. Le métal jaune s’est ainsi dissocié avec le reste des matières premières sur ce mois de février, digérant encore sa solide performance de l’année passée.

Lors d’une allocution devant le parlement américain, Jérôme Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (FED), a indiqué que les taux directeurs resteront aux niveaux actuels, au moins tant que les USA ne reviendront pas au plein emploi. Des déclarations similaires ont pu être entendues de la part des autres banquiers centraux. Ces éléments de langages sur les taux, que ce soit de la part de responsables de la FED ou d’autres banques centrales, cachent mal le fait que les taux ne peuvent tout simplement pas remonter, en raison des niveaux de dettes extrêmes, soutenables uniquement avec les niveaux de taux actuels. Seule une hausse de l’inflation pourra inverser la tendance et pousser la FED et les autres banques centrales à commencer à envisager l’éventualité d’une hausse des taux. Mais même dans ce cas, il est très probable que les banquiers centraux soient tentés d’accepter une hausse de l’inflation un peu plus soutenue plutôt que de prendre le risque de relever les taux. Cela dit, malgré la hausse soutenue des cours des matières premières, les indices d’inflation semblent encore con-tenus pour le moment.

En parlant de banquiers centraux, un important point à relever est le retour de Mario Draghi sur la scène publique. Considéré comme le sauveur de l’Euro durant sa présidence de la Banque centrale européenne (BCE), « Super Mario », surnommé ainsi à l’époque en référence au célèbre plombier italien de Nintendo, a été appelé à la rescousse en Italie pour prendre la place de Premier ministre.

Soutenu par une coalition représentant la majeure partie des forces politiques italiennes, de l’extrême gauche à l’extrême droite, l’ancien banquier central a accepté d’endosser son nouveau rôle en février 2021. Ceci intervient environ un mois après la prise de fonction de Janet Yellen, ancienne présidente de la FED, en tant que secrétaire au trésor américain, nommée à ce poste par la nouvelle administration américaine de Joe Biden.

Enfin, ce qui a peut-être été le point le plus important de ce mois de février et la nouvelle baisse des cas de Covid-19 un peu partout dans le Monde.
Aux États-Unis, il s’est même s’agit de la plus grande baisse mensuelle des cas, des morts et des taux d’hospitalisations.

Ces éléments donnent de l’espoir quant à une résolution prochaine au niveau mondial.